Technicien réalisant une soudure TIG sur pièce inox en atelier de chaudronnerie
Publié le 13 février 2026

Votre sous-traitant vous propose du MIG-MAG pour vos tuyauteries inox. Six mois plus tard, les premières fuites apparaissent. Ce scénario, je l’ai vu trop souvent en Suisse romande. Le choix du procédé de soudage détermine la tenue de vos assemblages, leur coût final et les délais de production. Sauf que personne ne vous explique vraiment comment trancher entre TIG, MIG-MAG, orbital ou sous flux.

L’essentiel sur le choix d’un procédé de soudage

  • TIG pour l’inox critique et les finitions irréprochables (pharma, agroalimentaire)
  • MIG-MAG pour la productivité sur acier carbone en grandes séries
  • Orbital pour les pièces cylindriques exigeant une reproductibilité totale
  • Sous flux pour les tôles épaisses (5 mm et plus) en production intensive

TIG, MIG-MAG, orbital, sous flux : ce qui les différencie vraiment

Avant de détailler chaque procédé, soyons clairs : il n’existe pas de « meilleur » procédé universel. Chacun répond à des contraintes précises de matériau, d’épaisseur et de cadence. Ce qui fonctionne pour une cuve en acier carbone ne convient pas à un circuit pharmaceutique en inox.

Le soudage TIG utilise une électrode non fusible sous protection argon. Selon la comparaison TIG/MIG par ESAB, ce procédé est plus lent que le MIG mais offre une qualité d’assemblage supérieure, particulièrement sur les soudures détaillées et complexes. Pour les pièces critiques où l’esthétique et l’étanchéité comptent, c’est mon premier choix.

Comparaison visuelle de cordons de soudure sur échantillons métalliques



Le MIG-MAG fonctionne avec un fil fusible et un gaz de protection (neutre pour le MIG, actif pour le MAG). Selon l’étude 2024 de l’Institut Belge de la Soudure, les variantes innovantes comme le procédé T.I.M.E. permettent une vitesse de soudage environ 30 % plus élevée avec moins de déformation. Ce gain de productivité explique pourquoi tant d’ateliers l’adoptent par défaut. Mais attention aux limites sur les matériaux fins.

Le soudage orbital automatise la rotation de l’arc autour de pièces cylindriques. Pour les tuyauteries, c’est imbattable en termes de reproductibilité. Le sous flux, lui, utilise une poudre métallique et convient aux tôles de 5 mm et plus en production intensive.

Le récapitulatif ci-dessous synthétise les caractéristiques clés de chaque procédé. Chaque ligne vous permet d’identifier rapidement la solution adaptée à vos contraintes de qualité, cadence et épaisseur.

TIG, MIG-MAG, orbital, sous flux : comparatif en 5 critères
Procédé Qualité assemblage Vitesse exécution Épaisseur adaptée Matériaux privilégiés
TIG Excellente Lente Toutes (fins à moyens) Inox, titane, inconel
MIG-MAG Bonne Rapide Moyennes à fortes Acier carbone, alu
Orbital Excellente Moyenne Tubes 1,6 à 219 mm Inox, alliages
Sous flux Bonne Très rapide 5 mm et plus Acier carbone épais

Quel procédé pour quel matériau ? Le match

Franchement, le nombre de projets que je vois partir en vrille à cause d’un mauvais appariement procédé-matériau me sidère encore. Sur les chantiers que j’accompagne en Suisse romande, je constate régulièrement que le MIG-MAG est choisi par réflexe pour des assemblages inox exigeants. Résultat : des reprises coûteuses dans environ 30 % des cas. Ce constat n’est pas généralisable, mais il illustre l’importance de questionner le cahier des charges fonctionnel avant de valider un procédé.

Soudage orbital automatisé sur tuyauterie inox industrielle



Pour l’inox austénitique destiné au secteur alimentaire ou pharmaceutique, le TIG ou l’orbital s’imposent. D’après les caractéristiques techniques du TIG orbital selon Air Liquide, ce procédé s’adapte à des tubes de diamètres variés (minimum 1,6 mm) avec une reproductibilité élevée. C’est la garantie d’une qualité constante sur vos circuits de nettoyage ou de transfert de fluides.

L’acier carbone en épaisseur moyenne à forte (structures métalliques, charpentes) se soude efficacement en MIG-MAG. Vous gagnez en cadence sans compromettre la tenue mécanique. Pour des projets de chaudronnerie nécessitant plusieurs procédés, vous pouvez consulter ce site spécialisé en soudure industrielle.

Trouvez le procédé adapté à votre projet

  • Matériau : Inox alimentaire ou pharmaceutique
    Privilégiez le TIG manuel ou l’orbital automatisé. Ces procédés garantissent l’étanchéité et la finition requises par les normes hygiène.
  • Matériau : Acier carbone épais (plus de 5 mm)
    Le soudage sous flux offre un rendement élevé et des pénétrations profondes. Idéal pour les cuves et réservoirs de grand volume.
  • Priorité : Rapidité et grandes séries
    Le MIG-MAG répond à vos contraintes de cadence. Vérifiez toutefois que l’épaisseur et le matériau s’y prêtent.
  • Géométrie : Pièces cylindriques (tubes, tuyauteries)
    L’orbital simplifie l’assemblage et garantit une qualité constante sans dépendre du geste du soudeur.

Qualité, rendement, coût : les 3 critères qui tranchent

Quand un client me demande quel procédé « coûte le moins cher », je lui réponds toujours la même chose : ça dépend de ce que vous comptez. Le coût horaire du MIG-MAG est inférieur au TIG, c’est vrai. Mais si vous devez reprendre 30 % des soudures parce que le procédé ne convenait pas au matériau, le calcul s’inverse brutalement.

J’ai accompagné un responsable maintenance d’une PME agroalimentaire genevoise l’année dernière. Son cas m’a marqué parce qu’il illustre parfaitement ce piège. Le devis initial proposait du MIG pour le remplacement de tuyauteries inox sur un circuit de nettoyage. Six mois plus tard, les fuites apparaissaient. La reprise en soudage orbital avec qualification spécifique a coûté trois fois le budget initial. Le gain de temps au départ ne compense jamais un défaut d’étanchéité sur un circuit critique.

Contrôle qualité par ultrasons sur assemblage soudé



La qualification des soudeurs pèse aussi dans la balance. Selon les normes EN ISO 9606 de l’ASS, les certificats doivent être confirmés tous les six mois et une épreuve de qualification est requise tous les trois ans. Un soudeur qualifié TIG ne l’est pas automatiquement pour le MIG-MAG ou l’orbital. Vérifiez les qualifications avant de valider un devis.

Pour comprendre comment le choix des matériaux influence la durabilité de vos structures, consultez notre article sur l’impact des matériaux sur les infrastructures métalliques.

Ce que je recommande systématiquement à mes clients : Exigez un coupon témoin soudé dans les mêmes conditions que votre série. Ce coupon subira les contrôles destructifs et non destructifs qui valideront le mode opératoire de soudage. C’est la seule garantie objective avant de lancer la production.

La chronologie typique d’un projet bien cadré ressemble à ceci :


  • Analyse cahier des charges et définition des exigences

  • Choix du procédé et vérification qualification soudeur

  • Soudage et réalisation du coupon témoin

  • Contrôles destructifs et non destructifs

  • Livraison avec PV de contrôle

Vos questions sur le choix d’un procédé de soudage

Comment vérifier qu’un soudeur est qualifié pour mon projet ?

Demandez le certificat de qualification selon la norme EN ISO 9606 correspondant au procédé et au matériau de votre projet. Ce certificat précise les épaisseurs, positions et groupes de matériaux couverts. Vérifiez aussi la date de dernière confirmation (tous les six mois) et de requalification (tous les trois ans).

Peut-on combiner plusieurs procédés sur une même pièce ?

Oui, c’est même courant sur les pièces complexes. Vous pouvez utiliser le TIG pour les passes de racine (pénétration et étanchéité) puis le MIG-MAG pour les passes de remplissage (productivité). Chaque procédé doit faire l’objet d’un mode opératoire qualifié.

Quels contrôles qualité demander au prestataire ?

Pour les assemblages critiques, exigez un contrôle non destructif adapté : ressuage pour les défauts débouchants, ultrasons ou radiographie pour les défauts internes. Le PV de contrôle doit accompagner la livraison. Sur les circuits sous pression, la radiographie ou les ultrasons sont généralement requis.

Le procédé influence-t-il le délai de fabrication ?

Directement. Le TIG manuel est plus lent que le MIG-MAG, ce qui allonge les temps de production sur les grandes séries. L’orbital, bien qu’automatisé, nécessite un temps de réglage initial. Sur mes projets, je compte généralement 10 à 15 jours entre l’analyse du cahier des charges et la livraison avec PV de contrôle.

MIG ou MAG : quelle différence concrète ?

Le MIG utilise un gaz neutre (argon ou hélium), adapté à l’aluminium et aux alliages. Le MAG emploie un gaz actif (CO2 ou mélange) qui réagit avec le métal fondu, mieux adapté à l’acier carbone. Côté résultat, le MAG donne un bain de fusion plus fluide sur l’acier, mais génère plus de projections.

Si vous cherchez un accompagnement de proximité pour vos projets de chaudronnerie, pensez à consulter un métallier pour vos projets sur mesure en Suisse romande.

La prochaine étape pour vous

Vérifications avant de valider un devis de soudage



  • Confirmer que le procédé proposé correspond à votre matériau ET à vos exigences de finition


  • Demander les certificats de qualification soudeur (EN ISO 9606) avec dates de validité


  • Exiger un coupon témoin et préciser les contrôles qualité attendus dans le devis


  • Prévoir le PV de contrôle à la livraison (traçabilité obligatoire sur pièces critiques)

Le bon procédé n’est pas celui qui coûte le moins cher à l’heure. C’est celui qui vous évite les reprises, les retards et les litiges six mois plus tard. Posez les bonnes questions maintenant, vous gagnerez du temps sur l’ensemble du projet.

Rédigé par Marc Ferrant, spécialiste en construction métallique et procédés d'assemblage industriel depuis 2010. Il accompagne des PME suisses et françaises dans le choix et la mise en œuvre de solutions de soudage adaptées à leurs contraintes de production. Son expertise porte sur les assemblages inox et alliages spéciaux pour les secteurs agroalimentaire, pharmaceutique et horloger. Il intervient régulièrement en conseil technique auprès de donneurs d'ordres industriels.